
Les premiers rassemblements en hommage aux victimes des attentats contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo, de la fusillade de Montrouge et de la prise d'otage de la porte de Vincennes, ont rassemblé plus de 700 000 personnes en France, samedi 10 janvier, selon un bilan donné par le ministre de l'intérieur. Ces manifestations spontanées se sont déroulées à la veille d'une grande marche républicaine à Paris et en région déjà annoncée comme un rassemblement historique devant réunir au moins un million de personnes.
- Le plus grand rassemblement est pour l'instant celui de Toulouse, avec plus de 100 000 personnes, selon la police, descendues samedi après-midi dans la rue de la ville rose. Le cortège « énorme », et peut-être sans précédent à Toulouse, selon des organisateurs, devait initialement parcourir 2 kilomètres des allées Jean-Jaurès au monument aux morts de la Résistance, mais le parcours a été nettement allongé pour permettre à la masse de manifestants de s'écouler.

- A Nantes, 75 000 personnes ont défilé, selon un comptage définitif de la préfecture, dont plusieurs personnalités, parmi lesquelles l'ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et la maire de la ville, Johanna Rolland. La foule, aux premiers rangs de laquelle de nombreux enfants et des femmes, a pris position derrière une banderole sur laquelle on peut lire « Vivre ensemble, libres, égaux et solidaires ».
- Quelque 45 000 personnes, selon la préfecture de police, ont défilé à Marseille pour défendre « la démocratie, l'égalité et les libertés », à l'appel d'organisations de gauche. Le maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin avait appelé vendredi « l'ensemble des Marseillaises et des Marseillais à exprimer leur unité autour des valeurs de la République à l'occasion des différents rassemblements organisés ce week-end, en solidarité envers les victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo et des attaques de ces derniers jours ».
- La marche citoyenne organisée à Lille a réuni 35 000 à 40 000 personnes dans une ambiance d'émotion conviviale sous une pluie intermittente, selon une estimation de la préfecture du Nord. Celle-ci avait d'abord donné un chiffre provisoire d'au moins 22 000 participants, alors que le cortège, qui avait démarré vers 14 h 40 de la porte de Paris derrière une grande banderole « Je suis Charlie », n'avait commencé à déboucher que peu après 16 heures sur la place de la République, son point d'arrivée au cœur de la capitale des Flandres.
- A Pau (80 000 habitants), ce sont au moins 30 000 personnes, selon la police, près de 40 000, selon la mairie organisatrice du rassemblement, qui ont participé à la mi-journée à une marche silencieuse dans le centre-ville. « C'est un formidable mouvement populaire [...]. C'est beau et significatif, infiniment précieux », a déclaré le maire, François Bayrou (MoDem), à l'issue de la marche derrière une large banderole proclamant « Nous sommes tous Charlie », tenue par des lycéens.
- Environ 35 000 personnes ont défilé à Rouen. Le préfet de Haute-Normandie, Pierre-Henry Maccioni, était en première ligne derrière une banderole du club de la presse et du collectif pour la défense des libertés fondamentales sur laquelle était inscrit : « Nous sommes tous Charlie ». Dans la foule, des pancartes étaient brandies, avec notamment écrit « La caricature c'est notre culture », « De Lascaux à Charlie on ne lâchera pas les pinceaux ».
- Sous une bruine lancinante, plus de 30 000 personnes, selon la police, ont battu le pavé à Limoges pour participer à la marche silencieuse organisée par la Ligue des droits de l'Homme, et qui a été, selon les médias locaux, l'un des plus importants rassemblements tenu dans la capitale du Limousin depuis des décennies. « Parce qu'ils étaient là pour nous faire rire, rions ! Parce qu'ils étaient là pour nous protéger, agissons ! Parce qu'ils étaient la pour vivre, vivons ! Soyons Charlie ! », clamait une pancarte, quand on pouvait lire sur d'autres : « Faites couler l'encre, pas le sang ».

- A Nice, 5e ville de France, qui compte 350 000 habitants, entre 23 000 personnes, selon la police, et 25 000 à 30 000, selon les organisateurs, ont défilé dans la matinée silencieusement sur la promenade des Anglais. La marche s'est étirée sur environ un kilomètre pour s'achever devant le monument aux morts où une gerbe a été déposée avec l'inscription « Nous sommes tous Charlie », en présence des représentants religieux de toutes les confessions. La Ville de Nice avait distribué pour l'occasion quelque 10 000 affichettes « Je suis Charlie » et des crayons en carton grand format, à la mémoire des dessinateurs assassinés.
- A Orléans, ce sont 22 000 personnes qui ont défilé dans les rues, selon la police. Plusieurs personnalités politiques étaient présentes, dont les présidents du Conseil régional du Centre, François Bonneau (PS), et du Conseil général du Loiret, Eric Doligé (UMP).

- A Caen, environ 6 000 personnes se sont rassemblées devant le mémorial pour la Paix. Les manifestants ont entonné sous la bruine la chanson Ma liberté, de Serge Reggiani, en brandissant des fleurs ou des crayons. Le député du Calvados Philippe Duron, le maire UMP de Caen, Joël Bruneau, et le président PS de la région Basse-Normandie, Laurent Beauvais, étaient présents. Le directeur du mémorial de Caen, Stéphane Grimaldi, a annoncé que les 5e Rencontres internationales du dessin de presse auraient lieu du 10 au 12 avril en présence de 40 dessinateurs du monde entier.
- A Lannion (Côtes d'Armor), le rassemblement a réuni quelque 3 500 personnes. A Bourges (Cher), ils étaient 4 000, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) entre 5 000 (police) et 10 000 (organisateurs). A Martigues (Bouches-du-Rhône) 4 000 personnes ont participé à une marche, selon la police municipale, dans cette commune de 47 000 habitants. A Miramas, selon la municipalité, « plus d'un millier de personnes se sont réunies ».
Voir les contributions
Réutiliser ce contenu